On trouve dans les mémoires de Ion Mihai Pacepa,un ancien général de la Securitate roumaine passé à l'Ouest en 1978, des renseignements très intéressants sur l'origine de la pièce "Le Vicaire" qui commença à jeter le discrédit sur Pie XII en 1963. On peut lire son témoignage en anglais sur la National Revue Online, ou bien voici quelques indications traduites.
En février 1960, précise l’ancien espion, Nikita Khrouchtchev approuva un plan secret destiné à saper l’autorité morale de l’Église dans les pays occidentaux. Eugène Pacelli, qui devint le pape Pie XII, fut sélectionné par le KGB comme cible principale de l’incarnation du mal parce qu’il décède en 1958. Or, “les hommes morts ne peuvent se défendre eux-mêmes” » et, Mgr Pacelli ayant servi comme nonce à Munich et Berlin, il est plausible de le présenter comme un « antisémite, encourageant l’Holocauste ». Mais, pour cela, encore faut-il des preuves. Bien sûr, elles n’existent pas. Alors le KGB décide de les fabriquer. Ce sera l’ambition de l’opération de manipulation « Siège 12 ».
En 1963, le chef du Département de la désinformation du KGB, le général Ivan Agayants, l’un des plus grands manipulateurs de tous les temps, annonce que le plan d’attaque de « Siège 12 » est prêt : une pièce de théâtre intitulé Le Vicaire (en référence au Vicaire du Christ, nom désignant un pape) va paraître, s’appuyant sur des documents « prouvant » les faits incriminés. Il précise également que « le producteur, Erwin Piscator, est un communiste certain, entretenant depuis longtemps de bonnes relations avec Moscou.
La polémique est lancée et, pendant près de quarante ans, les mensonges présentant l’Église comme complice de l’Holocauste ont droit de cité.
Par ailleurs, beaucoup de gens vont répéter sans arrêt tout ce que le pape Pie XII n’a pas fait pour sauver des juifs pendant la seconde guerre mondiale... Mais ils ne pourront agiter que des suppositions. Regardons plutôt les faits, la gratitude évidente de grandes personnalités juives après la guerre... Et puis demandons-nous : pourquoi cette agitation contre la mémoire de Pie XII ?
• 13 février 1945, Israële Zolli (1881-1956), Grand Rabbin de Rome, se converti au catholicisme et prend pour nom de baptême Eugène, en hommage à Eugène Pacelli, alias Pie XII.
Myriam, la fille du rabbin Zolli, écrit : « Pacelli et mon père étaient des figures tragiques dans un monde où toute référence morale avait disparu. Le gouffre du mal s’était ouvert, mais personne ne le croyait, et les grands de ce monde – Roosevelt, Staline, de Gaulle – étaient silencieux. Pie XII avait compris que Hitler n’honorerait de pactes avec personne, que sa folie pouvait se diriger dans la direction des catholiques allemands ou du bombardement de Rome, et il agit en connaissance de cause. Le pape était comme quelqu’un contraint à agir seul parmi les fous d’un hôpital psychiatrique. Il a fait ce qu’il pouvait. Il faut comprendre son silence dans le cadre d’un tel contexte, non comme une lâcheté, mais comme un acte de prudence. »
• 7 septembre 1945. Giuseppe Nathan, commissaire de l’Union des communautés israélites, rend grâce « au souverain Pontife, aux religieux et aux religieuses qui n’ont vu dans les persécutés que des frères, selon les indications du Saint-Père » (L’ Osservatore Romano, 8-9-1945).
• 21 septembre 1945. Le docteur Leo Kubowitski, secrétaire du Congrès Juif Mondial, est reçu par Pie XII afin de lui présenter ses remerciements pour l’œuvre effectuée par l’Église Catholique dans toute l’Europe en défense du peuple juif. (L’ Osservatore Romano, 23-9-1945).
• 11 octobre 1945. Le Congrès juif mondial offre 20 000 dollars au Vatican en reconnaissance des efforts de la Sainte Église catholique romaine dans le sauvetage des Juifs persécutés par le nazisme et le fascisme (New-York Times, 11 octobre 1945).
• 29 novembre 1945. Le pape reçoit 80 délégués des réfugiés juifs, provenant de camps de concentration allemands, « très honorés de pouvoir remercier personnellement le Saint-Père, pour la générosité qu’il leur a démontrée pendant la terrible période nazie ».
• 26 mai 1955. 94 musiciens juifs, de l’orchestre philharmonique d’Israël, sous la direction de Paul Kletzki, ont joué sous les fenêtres du Vatican « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par le Pape pour sauver un grand nombre de juifs pendant la seconde guerre mondiale ».
• 9 Octobre 1958. A la mort de Pie XII, le Premier Ministre Israélien Golda Meir déclare : « Nous partageons la peine de l’humanité en apprenant le décès de Sa Sainteté le pape Pie XII. A une époque troublée par les guerres et les discordes, il a maintenu les idéaux les plus élevés de paix et de compassion. Lorsque le martyre le plus effrayant a frappé notre peuple, durant les dix ans de terreur nazie, la voix du pape s’éleva en faveur des victimes. La vie de notre époque fut enrichie par une voix qui proclamait, au-dessus du tumulte du conflit quotidien, les vérités morales fondamentales. Nous pleurons un grand serviteur de la paix. »
• 10 Octobre 1958. Le Dr. Elio Toaff, Grand Rabbin de Rome, déclare : « Les juifs se souviendront toujours de ce que l’Église catholique a fait pour eux sur l’ordre du Pape au moment des persécutions raciales ». Il ajouta : « de nombreux prêtres ont été emprisonnés et ont sacrifié leur vie pour aider les juifs ». (Le Monde 10.10.1958).
• 1963. M. Pinchas Lapide, consul d’Israël à Milan du vivant de Pie XII, déclare au journal Le Monde : « Je peux affirmer que le pape, le Saint-Siège, les nonces et toute l’Église catholique ont sauvé de 150.000 à 400.00 juifs d’une mort certaine... L’église catholique sauva davantage de vies juives pendant la guerre que toutes les autres églises, institutions religieuses et organisations de sauvetage réunis ». (Le Monde le 13.12.1963).
• 1975. Le Dr Safran, Grand Rabbin de Roumanie, a estimé à 400.000, les juifs de Roumanie sauvés de la déportation par l’œuvre de St Raphaël organisée par Pie XII. « La médiation du Pape sauva les juifs du désastre, à l’heure où la déportation des Roumains était décidée » (Pie XII face aux nazis, Charles Klein - S.O.S. 1975).
• 16 Février 2001. Le grand rabbin de New York, David Dalin, déclare que Pie XII était injustement attaqué alors qu’il peut être considéré comme “un juste”, aux yeux des Juifs. « Il fut un grand ami des Juifs et mérite d’être proclamé “Juste parmi les Nations” parce qu’il a sauvé beaucoup de mes coreligionnaires, bien plus même que Schindler... Selon certaines statistiques, au moins 800.000”. Il rend hommage à l’écrivain Antonio GASPARI pour son ouvrage “Les juifs sauvés par Pie XII” et rappelle qu’”au cours des mois où Rome a été occupée par les nazis, Pie XII a donné pour instruction au clergé de sauver des juifs par tous les moyens”. Lorsqu’on a remis au cardinal Palazzini la médaille des “justes” pour avoir sauvé des juifs, il affirmait : “le mérite en revient entièrement à Pie XII” ». Le Grand Rabbin Dalin conclut : « Jamais un pape n’a été autant félicité par les Juifs. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale et durant les années qui ont suivi, des centaines de manifestations d’estime envers Pie XII ont été apportées à son égard de la part des plus hautes autorités d’Israël depuis Mme Golda Meir et le Grand Rabbin de Jérusalem, jusqu’au Grand Rabbin de Rome, Elio Toaff » (Interview au Weekly Standard).
• 13 Octobre 2008 : Plusieurs Juifs italiens témoignent devant les caméras avoir été sauvés par des membres de l’Église, avec le soutien de Pie XII, lors des persécutions nazies. Parmi eux, Emanuele Pacifici, le fils de Riccardo Pacifici, rabbin de Gênes durant la guerre
Enfin, plein de choses intéressantes sur le blog www.pie12.com