|
«Je suis venu accomplir la Loi» |
|
homélie de la messe des étudiants du 9 juin 2010, sur Matthieu 5,17-20
Jésus a un enseignement bouleversant, révolutionnaire. Dans quelle ligne s’inscrit-il ? Va-t-il prôner une nouvelle religion, en complète rupture avec la foi juive ? Vient-il abolir la Loi, les prophètes, c’est-à-dire, non les règles, mais la façon de s’attacher à Dieu, de compter avec lui dans la vie quotidienne, que la méditation de la « Loi du Seigneur » avait distillée dans le peuple hébreu tout au long de son histoire ?
Bientôt il va dire : vous avez appris qu’il a été dit... eh bien moi je vous dit... (Mt 5,21ss) Est-il donc venu changer le chemin que Dieu a proposé à son peuple ? Ou plus fort encore, est-il venu fonder une religion « horizontale », basée uniquement sur la solidarité et le partage ? Certains de ses propos le laissent croire. D’ailleurs, c’est ainsi que beaucoup de gens ont interprété l’évangile par la suite : simplement comme une règle de vie entre les hommes. Tout ce qui avait trait à la relation avec Dieu relevait alors de la mythologie surajoutée par l’Église, un élément facultatif.
|
|
Lire la suite...
|
|
vivre en disciples de l'Envoyé |
|
homélie de l’Ascension
La fête d’aujourd’hui a un aspect douloureux à première vue : nous fêtons le départ du Christ vers le Père et donc aussi son absence parmi nous. Et si on nous dit : montrez-nous votre Christ en qui vous croyez. Nous devons bien répondre : il est venu du Père et il est retourné à lui ! A première vue nous avons l’air un peu bête de ne pas pouvoir fournir davantage de preuves, mais au fond il y a une réelle bonne nouvelle. Nous commençons à le pressentir lorsque nous voyons les apôtres rentrer à Jérusalem « remplis de joie » alors que Jésus vient de les bénir et les quitter (Lc 24,51).
L’ascension est un événement très cohérent avec l’identité du Christ, son mystère. Car Jésus, bien que vrai homme, n’est pas seulement un grand prophète, un réformateur audacieux, un sage exceptionnel ou un humaniste inspiré. Il est l’Envoyé qui vient du Père, comme nous le fêtons à l’Annonciation, et qui retourne à lui. Il est celui qui nous dit les paroles de son Père tout au long de sa vie, celui qui vient rendre à nouveau possible le lien des hommes avec son Père par sa passion, celui qui se laisse glorifier par son Père dans sa résurrection, et qui maintenant retourne à lui pour partager sa gloire.
|
|
Lire la suite...
|
|
|
Le Christ se donne à aimer |
|
homélie de la fête du Saint-Sacrement
En multipliant les pains, Jésus nourrit toute une foule, il répond au besoin de tous ces gens. Assez vite par la suite il va essayer de leur faire comprendre que la nourriture c’est lui-même ; on le voit clairement dans l’évangile selon saint Jean, où Jésus dira : « je suis le pain de la vie » (Jn 6,35). Oui, ce qui répond à notre besoin profond, c’est que Jésus lui-même se donne à manger.
Jésus se donne à manger, mais plus encore il se donne à aimer. C’est bien de le manger avec la bouche, mais il faut surtout le manger avec le cœur. Car l’eucharistie, c’est le mémorial de la passion, et à nouveau aujourd’hui Jésus s’offre au Père par amour et se donne à nous par amour.
|
|
Lire la suite...
|
|
le contraire de la foi, c'est le «une fois pour toutes» |
|
Encore une homélie sur la foi : messe des étudiants, 21 avril 2010, sur Jn 6
Jésus se trouve devant des gens qui ont vu un signe extraordinaire : il a nourri une foule de 5000 hommes avec 5 pains et 2 poissons. Ils ont vu un signe, mais ne croient pas (Jn 6,36). L’insistance sur la non foi nous touche : même eux qui voyaient ne croyaient pas toujours ! Aujourd’hui, dans le monde, c’est difficile de croire, et tout ce qui se passe dans l’Église n’arrange rien. Mais en ce temps-là déjà Jésus a montré plein de signes et on ne croyait pas.
Les signes n’emportent pas la décision à eux seuls. Cela donne un défi à l’homme, à sa liberté sollicitée pour se décider. C’est là que le Père intervient : la foi n’est pas d’abord mon propre choix de Dieu, mais il y a un don de la foi : « ceux que le Père me donne », dit Jésus (v.37). Qui le Père donne-t-il ? En grec c’est un pluriel neutre, invitation à ne pas distinguer telle personne de telle personne. Le Père donne tous ceux qui veulent bien... Celui qui vient à lui, Jésus « ne va pas le jeter dehors ». La foi s’obtient en la demandant, en acceptant de demander au Père.
|
|
Lire la suite...
|
|