la joie de l’ascension

homélie du jour de l’Ascension, 5 mai 2016

Comment Pyrénées les disciples pouvaient-ils s’en retourner tout joyeux à Jérusalem, alors que Jésus venait de les quitter pour toujours ? À vues humaine, c’est totalement incompréhensible. Partons donc à la recherche des sources de leur joie. Cette joie s’enracine dans la conscience de l’identité de Jésus, qu’ont les disciples. Ils ont compris qu’il vient du Père et qu’il retourne à lui. Il ne va pas dans un lieu inconnu, comme cela nous arrive à notre mort, mais auprès de celui à qui il a vécu tout uni durant sa vie terrestre. « Si vous m’aimiez, avait dit Jésus, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. » (Jn 14,28) Il ne part pas pour une existence vague et incertaine, il part pour une vie d’amour intense avec son Père et avec tous les saints qui le rejoindront. Et de plus, à la différence de nous, il part déjà avec son corps ressuscité. Il n’y a pas cette dissociation éprouvante de l’âme et du corps que nous vivons à la mort d’un proche. Voilà une première source de joie : Jésus part pour un pays heureux, resplendissant, auprès de son Père tant aimé.

Une autre joie est celle des supporters de l’équipe nationale de football quand elle remporte la coupe du monde. Oui, peut-être que la joie qui embraserait le pays si la Belgique gagnait la coupe du monde nous donne une petite idée de la joie des disciples. Car le Christ a remporté une victoire décisive sur l’adversaire, l’auteur du péché et de la mort, qui nous concerne tous, qui nous libère tous. Et pas pour 4 ans mais pour toujours. Cette joie de la victoire, laissons-la couler en nous, par exemple en écoutant l’ouverture de l’oratorio de l’Ascension de Bach. Le Christ est vainqueur du péché et de la mort, définitivement.

Et c’est notre victoire ! Nous voilà au pied du troisième sujet de joie : cette victoire du Christ, nous y sommes attirés par son amour. Nous la remportons avec lui. Rappelez-vous ces paroles du même chapitre de saint Jean : « Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. » (Jn 14,2-3)

Avec le Christ, notre humanité est introduite au plus intime de Dieu, au cœur de la Trinité. C’est la logique de l’amour que de vouloir être tout uni à celui qui est aimé. Et voilà que le Christ monté dans la gloire du Père est l’interface qui permet cette union profonde de Dieu et de l’homme, pourtant si différents au départ. La place que Jésus nous prépare est celle d’un amour plus intense que toutes les amours que nous avons pu vivre sur la terre, alors que pourtant beaucoup d’entre nous diront que sur la terre on vit déjà de belles amours ! Nous vivrons l’amour fondamental, celui qui à notre insu nous fait exister depuis notre origine, celui qui nous conduira de sommets en sommets, sans que l’éternité nous permette d’en faire une fois le tour.

Alors, soyons dans la joie nous aussi, rappelons sans cesse à notre cœur cette espérance, car « il est fidèle, celui qui a promis » (He 10,23)