Jésus te regarde et il t’aime

Binche, homélie des confirmations, 11 octobre 2015

Ce qui Calvignac (Lot) arrive à cet homme est vraiment tragique. C’est vraiment une bonne personne. Il est riche mais il ne vit pas de façon matérialiste. Il ne vient pas demander à Jésus ce qu’il faut faire pour trouver un métier où on gagne beaucoup d’argent, ni pour être envié par son voisin ; il vient demander ce qu’il doit faire pour avoir en héritage la vie éternelle. Il ne pense pas qu’à profiter de la vie et des biens matériels, il pense à l’essentiel, la vie éternelle, vers où la vie de tout le monde se dirige ! Et quand Jésus lui rappelle les commandements, nous découvrons tout étonnés qu’il les a gardés depuis sa jeunesse. Alors qu’il est riche, alors que nous voyons si souvent les gens riches être esclave des richesses au point de détourner de l’argent ou de frauder, au point d’asservir les autres avec leur argent ou de les écraser.

Cet homme est donc vraiment quelqu’un de bien, il vit selon des valeurs, j’aurai tendance à dire qu’il vit selon les valeurs chrétiennes. Et pourtant il lui arrive une grosse déception avec Jésus. Il repart tout triste. Que s’est-il passé ?

Jésus lui a proposé de passer aux choses sérieuses : il a posé sur lui un regard d’amour, qui est la porte pour entrer dans le royaume de Dieu. Et il a proposé à l’homme le moyen de répondre à cet amour : aller vendre ce qu’il a pour les pauvres, et venir pour le suivre. Ici nous quittons le terrain des valeurs, pour entrer sur celui de l’amour. Jésus demande à l’homme et à chacun de nous : qu’est-ce que tu es prêt à faire pour moi ? Qu’est-ce que tu es prêt à laisser là pour moi ?

Hier je vous ai parlé des prêtres et des religieuses qui sont célibataires pour le Seigneur, et aujourd’hui saint Pierre en parle à Jésus : « voici que nous avons tout quitté pour te suivre ! » Oui, ce célibat est une façon de tout quitter pour Jésus. Il faut qu’aujourd’hui encore des jeunes y pensent, car c’est un grand bonheur et c’est très utile. Est-ce qu’il n’y aurait pas parmi vous une future religieuse, un futur prêtre ? J’espère qu’il ou elle m’invitera à sa consécration ou son ordination. Mais on peut aussi fonder une famille tout en se rendant disponible au Christ. Fonder une famille chrétienne, avec tous les défis que cela comporte, avec tout ce que demande l’Église, c’est déjà quitter beaucoup de choses du monde pour le Christ.

La vraie question pour nous tous c’est : comment mon cœur est-il encore assez libre pour chercher Dieu et pour vibrer à son amour ? Comment faire pour qu’il ne soit pas tout rempli par ce que j’ai et tout ce dont je rêve ? (ex. de la guitare dans laquelle je glisse toute sorte de choses : elle ne sait plus vibrer, va-t-elle dire que la musique n’existe pas ?)

De tout cela nous apprenons que Jésus ne veut pas inaugurer une religion pour les gens biens. Au contraire, il attend aussi les menteurs, les infidèles, les tricheurs et les mafiosi. Il les attend, mais pas pour qu’ils continuent ainsi. Il les attend comme nous, pour qu’ils changent et se mettent à sa suite. Il porte sur chaque personne un regard d’amour. Et chaque personne peut lui sourire, ou repartir parce qu’elle a autre chose à faire. Il lui restera un indice : la tristesse, le mécontentement. Si vous vous sentez mal-content, en colère, dites-vous bien : il est temps que je retourne au Christ.

Faites de la place à l’Esprit Saint que vous recevez aujourd’hui. Ce soir, arrêtez-vous seul dans votre chambre, parlez au Seigneur comme à un ami. Remerciez-le, rappelez-vous sa Parole, demandez-lui de bonnes choses. Et faites ça souvent. Alors la tristesse ne pourra pas s’accrocher dans votre vie, et votre cœur sera joyeux et paisible. C’est mon souhait pour toute votre vie.