homélie de la Toussaint 2021

Saint Ignace, Rome Prenons un peu de temps pour imaginer le bonheur du paradis. Quand on part en voyage, on se renseigne sur la destination, pour bien se préparer et ne pas manquer de l’essentiel. Qu’est-ce que nous ferions sans crème solaire au Maroc ou sans gros pull en Laponie ? C’est étrange que pour le voyage le plus important de notre vie, la plupart des gens se disent : on verra bien ! Vous me répondrez : comment peut-on savoir ce que sera le paradis ? Personne n’en est revenu pour en écrire un guide ? Est-ce si sûr, lorsque Jésus dit « si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ? » (Jn 3,12). Lui, il les connaît. Lui, le seul, il vient d’auprès de Dieu.

homélie de la fête de l’Ascension 2021

le viaduc de Millau depuis la Montée royale Que faisons-nous ici ? Quel est le sens de notre pratique chrétienne ? Plus largement, pourquoi l’Église elle-même ? La fête d’aujourd’hui peut nous aider à répondre à ces questions. Quand Marie-Madeleine voit Jésus ressuscité, elle veut le saisir, mais Jésus lui répond : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20,17) Jésus avait vécu quelque chose qu’aucun être humain n’avait encore vécu : se relever d’entre les morts. Ce n’était pas une œuvre humaine. C’est parce qu’il est venu de Dieu comme son Fils bien-aimé qu’il a pu remporter ce pouvoir sur la mort. Mais jusqu’à l’Ascension sa divinité est restée cachée, au point que Marie-Madeleine croit pouvoir le retenir. L’Ascension c’est le dévoilement du monde auquel appartient Jésus, qui englobe le nôtre et le dépasse incroyablement. Il me semble que l’on peut le considérer, ce monde de Dieu, non pas comme un monde à côté, mais autour du nôtre. Ainsi, Jésus, en partant dans ce monde de Dieu, se rend présent à tous et à chaque instant.

homélie de la fête de la Chandeleur 2021

Voilà quelque chose que je souhaitais dire depuis longtemps. Les lectures de la fête se trouve sur le site de l’AELF. La première lecture au choix était la lettre aux Hébreux : « Jésus, par sa mort, a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. »

homélie de la fête de Noël 2020

Vierge à l’enfant À Bethléem il y a 2027 ans, les auberges étaient bondées comme l’aéroport de Charleroi en période de covid’19. Mais Marie et Joseph ont pu trouver refuge dans un abri pour animaux, semblable à une église confinée aux 9/10e vide, avec quelques ânes, bœufs ou bergers comme nous. Ils étaient déconnectés de la frénésie d’alors, et nous sentons bien que aujourd’hui nous sommes un peu comme les bergers de l’époque de la Nativité.

homélie de l’Assomption 2020

Assomption et couronnement de Marie Après sa rencontre avec Élisabeth, Marie chante le magnificat. Pourtant un journaliste n’aurait rien trouver à écrire là-dessus : une jeune femme rencontre sa vieille cousine, qu’elle est venue aider à vivre une grossesse tardive. Et voilà que le petit tressaille dans le ventre de sa maman… Mais Marie dit : maintenant les puissants sont renversés, ce sont les petits qui sont élevés… Maintenant on voit l’action de Dieu ! (Lc 1,46)

homélie de l’Ascension 2020

baptême Le départ du Christ de la Terre vers son Père pourrait laisser un goût amer aux esprits qui, comme le mien, aiment tout vérifier. Le Christ n’est plus sur la terre. Il n’est plus au tombeau, mais nous ne pourrons plus comme saint Thomas aller voir si nous pouvons mettre notre doigt dans la marque des clous. Nous pourrions avoir un goût de trop peu comme quand on a assisté à un beau spectacle de prestidigitation et qu’ensuite le magicien remballe toutes ses affaires et qu’on ne pourra jamais vérifier s’il y avait un double fond au chapeau. Le Christ est élevé aux cieux, pris dans la nuée — ce sont des signes divins qui parcourent toute la Bible pour nous parler de Dieu, qui dépasse tellement notre réalité, et que saint Luc à son tour utilise dans les Actes des apôtres — et il ne reste de lui que la trace de son passage dans le cœur des apôtres et de tant de croyants. Dans notre cœur aussi…

homélie de la fête de l’Annonciation
(aujourd’hui il y a même moyen d’avoir l’homélie en vidéo sur cette page, à la minute 19’50)

Rome, Sainte-Marie au Trastevere, Annonciation Avec quelle discrétion Dieu entre dans le monde ! Regardez un peu : dans un village obscur, inconnu même de l’Ancien Testament… une jeune fille de ce village… Et comment Dieu dit qu’il va venir ? C’est l’annonce d’une conception : il commencera comme un tout petit embryon. Mais qui aura ceci de spécial : il vient de Dieu.

homélie de Noël 2019

l’arbre de Jessé « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1), avons-nous entendu. Ce peuple c’est nous. Et dans quelles ténèbres devons-nous marcher ? Il y a tout ce qui nous inquiète dans le monde — chaque époque a son lot d’inquiétudes, et pour nous c’est notamment le réchauffement climatique, la difficulté de trouver un emploi ou de le garder, ou la perte du sens de la valeur de la vie. Mais en plus de ces ténèbres du monde, il y a les ténèbres en nous aussi : tout ce qui assombrit notre cœur, nos pensée, à commencer par notre orgueil, quand nous nous mettons à prendre les gens de haut, ou quand nous sommes très blessés par une remarque qui nous est faite. Il y a aussi notre égoïsme, qui nous fait ne penser qu’à nous, qui nous replie sur nous-mêmes et nous fait considérer que ça ne va pas si mal tant que notre confort est assuré, mais qui finalement nous laisse avec un goût d’insatisfaction, de vide et de solitude.

homélie de l’Assomption de la Vierge Marie, 15 août 2019

Le dogme Rome, Sainte-Marie au Trastevere, abside de l’Assomption dit que Marie, au terme de sa vie terrestre, a été prise toute entière, corps et âme, dans la gloire du ciel. On ne dit pas qu’elle a échappé à la mort au point de vivre sans fin sur terre, de ne jamais être arrachée à l’affection des siens. Il y a bien eu cette séparation d’avec ce monde pour entrer dans l’autre vie. Mais Marie n’a pas connu ni infligé à ses proches cette dissociation douloureuse de l’âme et du corps qui fait que nous portons en terre le corps des gens qui meurent tandis que la foi seule nous permet de les voir vivants auprès de Dieu ou en chemin vers lui.

homélie du mercredi des cendres 2019

Pour nous Mont Saint-Jean (Morvan) souhaiter une bonne entrée en carême, les médias nous gavent des péchés de quelques hommes d’Église. C’est une nouvelle croix pour tous les croyants. Il ne faut pas que nous imitions leur façon de juger et de jeter le trouble. Et en même temps elle est très grave, la chute de celui à qui est confié le ministère de la sanctification, à qui il est demandé de donner Dieu. C’est le pasteur qui dévore ses brebis, comme déjà le prophète Ézéchiel l’avait dénoncé.

homélie de la fête de la Chandeleur 2019

Syméon dit abbaye de Fontenay que le Christ est lumière pour éclairer les peuples. Comment est-il lumière ? Puisque le cours du jour et de la nuit n’a pas changé, nous comprenons qu’il s’agit d’une lumière intérieure, qui éclaire et réjouit le cœur, mais comment ?