homélie du 12e dimanche B, 20 juin 2021

La Chartreuse, depuis la route de Voiron L’Écriture aujourd’hui nous montre Dieu maître des éléments naturels. Je voudrais méditer sur sa puissance. Nous n’osons plus y penser, nous préférons croire Dieu impuissant que d’accepter son apparent silence devant les catastrophes d’aujourd’hui. Nous réagissons ainsi parce que nous n’avons plus aucune « crainte » de Dieu. Alors nous n’acceptons pas qu’il agisse autrement que selon nos standards.

homélie du 11e dimanche B, 13 juin 2021

Chemin près de Hargimont Comment réussir sa vie ? Le peuple d’Israël comptait échapper au joug de Babylone en combinant une alliance avec l’Égypte. Mais le Seigneur lui dit que cela ne marchera pas. Par contre, c’est lui qui veillera à l’avenir du peuple. Tandis que la dynastie de David est en train de se fourvoyer en acceptant des compromis avec des puissances étrangères, Dieu lui-même agira. Après le désastre, il fera réussir cette dynastie de David, en choisissant le rameau qui portera du fruit.

homélie de la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, 6 juin 2021

Rome, Raphaël, l’Église L’homme peut-il vivre sans Dieu ? Nous voyons autour de nous bien des gens en train de survivre. Et même lorsqu’ils ont beaucoup d’opportunités de profiter de la vie, comme on dit, nous les voyons survivre « en passant toute leur vie dans une situation d’esclave dans la crainte de la mort » (He 2,15). Le stress sanitaire qui nous obnubile depuis un an en est un bon révélateur.

homélie du dimanche de la Sainte-Trinité, 30 mai 2021

Locronan J’ai rencontré des chrétiens pour qui la Trinité c’était surtout des complications dont ils se passeraient bien, des vains débats de théologiens qui n’apportent rien. Pourtant, la connaissance de la Sainte-Trinité est un trésor de la foi chrétienne. Dieu nous fait le cadeau merveilleux de connaître un peu de son intimité. Et non pas pour satisfaire notre curiosité, mais pour que nous nous préparions à y entrer et que déjà maintenant nous en vivions. Voilà pourquoi accueillir et méditer le mystère de la Sainte-Trinité est incontournable pour un chrétien  : Dieu nous le fait connaître car nous y sommes destinés.

homélie du 7e dimanche de Pâques, 16 mai 2021

abondance La grande prière de Jésus que saint Jean nous relate, nous la lisons en trois fois, sur les trois années A, B et C. Saint Jean ne dit pas clairement où Jésus prie ainsi, mais juste après il montre Jésus partir avec ses disciples au mont des oliviers, avant d’être livré par Judas. Alors je me demande si on ne pourrait pas imaginer que nous venons d’entendre le début de la prière de Jésus qui se termine par : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi… cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Si nous plaçons la prière de Jésus dans ce cadre de l’ultime combat de Gethsémani, nous devenons capables de comprendre comment Jésus peut dire qu’il prie pour que nous soyons comblés de joie alors que le monde nous rejettera. Car comment être dans la joie quand des gens autour de nous nous prennent en haine ? Quelle est la solution de ce paradoxe ? Car nous ne sommes pas masos, ça ne nous amuse pas d’être mis à l’écart ou combattus.

homélie de la fête de l’Ascension 2021

le viaduc de Millau depuis la Montée royale Que faisons-nous ici ? Quel est le sens de notre pratique chrétienne ? Plus largement, pourquoi l’Église elle-même ? La fête d’aujourd’hui peut nous aider à répondre à ces questions. Quand Marie-Madeleine voit Jésus ressuscité, elle veut le saisir, mais Jésus lui répond : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20,17) Jésus avait vécu quelque chose qu’aucun être humain n’avait encore vécu : se relever d’entre les morts. Ce n’était pas une œuvre humaine. C’est parce qu’il est venu de Dieu comme son Fils bien-aimé qu’il a pu remporter ce pouvoir sur la mort. Mais jusqu’à l’Ascension sa divinité est restée cachée, au point que Marie-Madeleine croit pouvoir le retenir. L’Ascension c’est le dévoilement du monde auquel appartient Jésus, qui englobe le nôtre et le dépasse incroyablement. Il me semble que l’on peut le considérer, ce monde de Dieu, non pas comme un monde à côté, mais autour du nôtre. Ainsi, Jésus, en partant dans ce monde de Dieu, se rend présent à tous et à chaque instant.

Voici l’homélie extraite de la messe de ce sixième dimanche de Pâques. Paix à vous, et bonne fête à toutes les mamans, dont nous venons tous !

homélie du 5e dimanche de Pâques, 2 mai 2021

fleurs de cerisier, bis Prenons un petit temps d’arrêt pour mesurer la joie de Paul lorsque, après avoir rencontré le Christ sur le chemin de Damas et en avoir été bouleversé, il peut se trouver accueilli par l’Église qu’il persécutait auparavant. Voilà qu’il peut faire siennes les paroles du psaume que nous avons chantées : « tu seras ma louange, Seigneur, dans la grande assemblée ». Bien sûr, vous l’avez entendu, cela n’a pas été très facile car les disciples avaient d’abord peur de lui. Ils se demandaient sans doute si sa conversion n’était pas plutôt une feinte pour pouvoir mieux les démasquer et les dénoncer. Mais assez vite l’Église retrouve la paix par rapport à lui, et il peut louer Dieu avec les chrétiens et annoncer Jésus au milieu de Jérusalem. Puis il devra prendre le maquis, et nous le retrouverons plus tard, à Antioche, où l’Église l’enverra annoncer l’Évangile dans l’actuelle Turquie et la Grèce. Goûtons cette joie de Paul de trouver sa place au milieu de l’Église.

homélie du 4e dimanche de Pâques, 25 avril 2021

îles Skellig L’Église naissante a fait l’expérience que le nom de Jésus sauve. Pierre et Jean guérissent « au nom de Jésus Christ, le Nazaréen ». Au tout début de l’Évangile, l’ange avait précisé à saint Joseph qu’il devrait appeler l’enfant Jésus, c’est-à-dire « le Seigneur sauve », car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (Mt 1,21). Les apôtres n’agissent pas au nom des valeurs évangéliques, au nom de la fraternité ou quelque chose du genre, mais au nom de Jésus. Le nom, c’est la personne. Faire référence au nom de Jésus nous empêche de réduire le christianisme à une théorie, une théorie morale bien souvent, ou plutôt moralisatrice.

homélie du 3e dimanche de Pâques, 18 avril 2021

arabette hérissée Deux fois dans les lectures aujourd’hui on dit que Jésus apporte le pardon des péchés. Cela semble être le résumé de l’Évangile, ce qu’il faut absolument annoncer au monde. Pourquoi la mission que le Seigneur donne à ses disciples est-elle ainsi résumée : « la conversion serait proclamée au nom du Christ, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » (Lc 24,48) ?

homélie de Pâques 2021

fronton de St-Jean de Latran Comment allons-nous prendre la mesure de cet événement qui est le plus déterminant de toute l’histoire humaine : le Christ est ressuscité ? Il y a eu beaucoup d’interprétation de l’événement qui, tout en essayant de le faire comprendre aux gens d’aujourd’hui, l’ont en réalité minimisé. On a pu en faire une loi de la nature, comme on remarque que tout revit en ce printemps. On a pu en faire une loi de la psychologie, selon laquelle c’est dans le cœur des disciples que Jésus serait ressuscité, lorsqu’ils auraient découvert que son souvenir et son enseignement étaient toujours bien présent en eux. Tout cela est plausible, mais fait perdre à la résurrection du Christ son caractère puissant et bouleversant qui a conduit les apôtres à tout risquer pour leur Seigneur, eux qui jusqu’alors cherchaient à faire réussir leur entreprise d’une façon humaine. Or c’est vraiment d’une façon divine que l’Église a commencé à rayonner, c’est-à-dire dans la foi qui est victorieuse des persécutions, des injures, des menaces, et ceci pendant 3 siècles — nous l’oublions trop facilement — et aujourd’hui encore c’est au milieu de mille répressions que l’Évangile progresse au Vietnam, en Chine, en Inde, au Pakistan ou ailleurs.