homélie du 1er dimanche de carême, 21 février 2021

Admirez ce beau pli! En commençant ce carême, nous méditons une nouvelle fois sur le combat que le Christ mène pour ramener le cœur de l’humanité, de chaque être humain, à Dieu. Puisque Dieu nous veut libre il ne serait pas convenable qu’il nous ramène à lui d’un coup de baguette magique. L’homme est « père de ses actes », il est l’auteur authentique de ce qu’il veut faire. Ce ne serait donc pas juste que Dieu efface nos péchés, pur produit de notre volonté, d’un coup d’éponge. Agir ainsi serait tenir notre liberté pour une parenthèse irréelle, et nos actes pour des pacotilles, des égratignures sur le monde, alors que l’injustice sociale planétaire ou les désastres écologiques montrent bien l’impact de nos choix — et encore, ce n’en est que la partie visible, semblable à la partie émergée de l’iceberg. Si Dieu agissait ainsi, notre volonté ne serait pour lui qu’une vague gesticulation. Notre intériorité ne serait qu’un décor, et en réalité nous serions pour lui des objets qu’il récupérerait comme un joueur de billes récupère ses billes. Les gens qui pensent que Dieu peut nous pardonner comme ça d’une simple déclaration ne prennent pas au sérieux la liberté qu’il leur a donnée.

homélie du 5e dimanche B, 7 février 2021

éclipse de Lune Lorsque quelqu’un est frappé par une grave maladie, sa vie devient lourde à porter. Son horizon se bouche. Le découragement est tapis à la porte de son cœur. Bien des gens, dans les hôpitaux ou à la maison, pourraient dire comme Job : « depuis des mois je n’ai en partage que le néant,
je ne compte que des nuits de souffrance. » (Jb 7,3) Cette situation est usante, et la foi est en péril. Le mal qui s’est introduit dans le monde fait que l’homme doute plus facilement de Dieu. La souffrance est une grande menace pour l’homme et elle peut même le détruire intérieurement davantage qu’extérieurement, en le remplissant d’amertume et de révolte.

homélie de la fête de la Chandeleur 2021

Voilà quelque chose que je souhaitais dire depuis longtemps. Les lectures de la fête se trouve sur le site de l’AELF. La première lecture au choix était la lettre aux Hébreux : « Jésus, par sa mort, a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. »

homélie du 4e dimanche ordinaire, 31 janvier 2021

attente L’activité de Jésus, dont nous parle les évangiles, a lieu dans un contexte d’attente messianique. Le peuple hébreu est un peuple qui attend un messie, un envoyé spécial de Dieu. Le texte entendu en 1re lecture (Dt 18) annonce qu’un prophète comme Moïse est promis par Dieu. Cette prophétie, avec plusieurs autres d’Isaïe, de Jérémie, d’Ézéchiel, entretenait une attente de plus en plus forte en Israël. Dans le livre du prophète Daniel, au chapitre 9, on évoque un temps de 70 semaines pour la venue d’un messie. Certains avaient déduit de ce chiffre énigmatique que ce temps correspondait aux années précédant Jésus. C’est ainsi que saint Luc peut dire qu’au moment du baptême de Jésus « le peuple était dans l’attente » (Lc 3,15). Quand le prophète tel que Moïse viendra-t-il ? Bien des gens simples, des « pauvres de cœur » avaient les yeux tournés vers la venue du Messie et étaient plus ou moins prêts à l’accueillir.

homélie du 3e dimanche ordinaire, 24 janvier 2021

fenêtre Qu’est-ce que Jésus a à dire aux gens ? « Les temps sont accomplis : le Royaume de Dieu s’est approché. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! » Voilà le cadre pour comprendre tout ce qu’il dira et tout ce qu’il fera : avec lui nous vivons un basculement, un temps nouveau comme il n’y en a jamais eu. Ce qui caractérise ce temps c’est que le Royaume de Dieu s’est approché. La présence de Dieu est devenue accessible et nous pouvons lui faire confiance sans mesure ; nous pouvons respirer l’atmosphère du cœur de Dieu et vivre de son amour. Tout cela nous est offert, il n’y a qu’à tendre les mains en nous convertissant et en croyant à l’Évangile.

homélie du 2e dimanche ordinaire, 17 janvier 2021

Semur-en-Auxois Avec vous je voudrais méditer sur le fait que Dieu appelle. Nous le voyons appeler Samuel. Il l’appelle et lui confie une mission (malheureusement, cette partie n’est pas lue à la messe). Le Christ, le Fils de Dieu, appelle lui aussi. Aujourd’hui il appelle Pierre, après avoir invité André et Jean à venir expérimenter la vie avec lui : « venez et vous verrez ». On peut dire que si Dieu appelle, cela signifie qu’il compte sur nous, et il compte sur nous parce que nous comptons pour lui.

homélie de la fête du baptême du Seigneur, 10 janvier 2021

baptême Qui suis-je pour Dieu? Qui suis-je pour l’auteur du monde, pour l’être le plus merveilleux qui soit? Je suis un cœur tant aimé. Tant aimé que Dieu me cherche sans trêve pour me donner accès à sa grâce, à la profusion de son cœur. Et cela est valable pour chaque être humain, même celui qui ne l’a pas cherché jusqu’à maintenant. Dieu cherche des cœurs qui se tournent enfin vers lui.

homélie de la fête de l’Épiphanie du Seigneur, 3 janvier 2021

Chimborazo, quand tu nous tiens À l’époque du troisième Isaïe, dont nous avons entendu un extrait — le livre d’Isaïe est en effet une compilation de trois auteurs d’époques différentes —, le peuple juif est découragé parce que le renouveau n’arrive pas. Après des siècles glorieux, il souffre de son insignifiance. Alors il a dû y avoir une grande surprise d’entendre ces promesses faites par le prophète : Debout ! Elle est venue, ta lumière ! Sur toi se lève le Seigneur ! Les nations marcherons vers ta lumière…

homélie de la fête de la Sainte-Famille 2020

Paques (Tarn, Castelnau-Pégayrols) L’histoire d’Abraham et de Sara qui nous est racontée deux fois dans les lectures nous montre que le Seigneur se soucie de la fécondité de notre vie. Et même les couples qui ne parviennent pas à avoir d’enfants — il ne faut pas chercher à tout prix comme on le propose maintenant par toute sorte de techniques — peuvent trouver par le Seigneur une fécondité spéciale et très belle. Cf. le roi Baudouin et la reine Fabiola. Le mois passé j’ai célébré les funérailles de deux dames qui n’avaient pas pu avoir d’enfant, mais qu’est-ce que leur vie a été féconde, rayonnante d’amour pour beaucoup !

homélie de la fête de Noël 2020

Vierge à l’enfant À Bethléem il y a 2027 ans, les auberges étaient bondées comme l’aéroport de Charleroi en période de covid’19. Mais Marie et Joseph ont pu trouver refuge dans un abri pour animaux, semblable à une église confinée aux 9/10e vide, avec quelques ânes, bœufs ou bergers comme nous. Ils étaient déconnectés de la frénésie d’alors, et nous sentons bien que aujourd’hui nous sommes un peu comme les bergers de l’époque de la Nativité.

homélie du 4e dimanche de l’Avent, 20 décembre 2020

Rome, Sainte-Marie au Trastevere, Annonciation Dans les lectures d’aujourd’hui nous allons apprendre 2-3 choses sur l’irruption de Dieu dans notre monde. Cette irruption de Dieu se fait en lien avec les institutions humaines : Jésus est fils de David, successeur du grand roi, il recevra le trône de David son père. Dieu ne déboule pas comme ça sans lien avec la vie concrète, avec les institutions de son peuple. Nous rêvons souvent d’un Dieu qui n’aurait rien à voir avec nos organisations humaines, un Dieu qui ne se serait jamais sali les mains, un Dieu planant et au-delà des religions, un Dieu qui ne passe pas par les hommes, bref une idole…