homélie du 32e dimanche B, 7 novembre 2021

enfants près de Cicalpa Vieja, Équateur Comment cette pauvre veuve a-t-elle osé mettre tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre, dans le trésor du temple ? Je suis édifié par cette confiance totale en Dieu. Car il me semble que c’est comme si elle disait : je donne tout ce que j’ai pour le Seigneur et lui se chargera de moi. Jésus avait fustigé l’attitude des pharisiens, qui cherchent à donner une image honorable, mais en réalité dévorent les biens des veuves. Ces gens montrent que l’amour de l’argent conduit à des comportements incroyablement mauvais. Leur vie est le témoignage du pouvoir asservissant de l’argent, qui pousse ceux qui le cherchent à l’adorer et le servir comme un dieu. Ces riches sont esclaves alors qu’ils pensent avoir réussi. Il y en a tant aujourd’hui qui le sont ou qui désirent être ainsi.

homélie du 30e dimanche B, 24 octobre 2021

fronton de St-Jean de Latran Pensez-vous parfois à la joie de Dieu de venir en aide à celui qui crie vers lui, à la joie du ciel quand quelqu’un ouvre son cœur à la grâce ? Quand nous vivons dans la morosité ou que le monde autour de nous nous paraît sombre, c’est bon de regarder la réalité sous cet angle : Dieu se réjouit de conduire l’aveugle, le boiteux, tous ceux qui sont fragiles, par un chemin où ils ne tomberont pas (Jr 31,9). Avec cette joie de Dieu comme lunettes, nous pourrons regarder les faits les plus inquiétants de notre monde sans nous décourager. Et c’est vrai qu’en matière de faits inquiétants, nous sommes servis. Prenez ce que nous avons appris ce lundi : qu’une émission de télé-réalité va mettre en scène des gens qui veulent se « fabriquer » un enfant en dehors d’une relation conjugale, un enfant qui fera l’objet d’un contrat entre des personnes qui s’imaginent être leur parent à temps partiel. J’utilise le terme fabriquer à dessein, car ici nous sortons complètement du cadre de l’enfant comme don, pour entrer dans celui de l’enfant comme objet de consommation, un peu comme si on créait une association pour acheter un château ou une vigne. Heureusement il y a quelques personnes pour dire que cela ne va pas, mais aussi plein d’autres pour argumenter que cela se fait déjà, que c’est juste mettre en avant une nouvelle conception possible. Ah, quel aveuglement sur la dignité humaine, lorsque l’enfant devient une production pour réaliser un désir d’adulte ! Comment en est-on arrivé là ? Par petites touches, à partir de techniques médicales pour aider les couples stériles, en apparence bonnes parce qu’utiles aux éprouvés, puis nous en sommes arrivés à utiliser cette procréation médicale aussi pour ceux qui ne souffraient pas d’infertilité mais désiraient simplement l’impossible. Et maintenant nous en sommes à l’enfant-contrat, avant sans doute d’autres dérives. C’est le processus d’un aveuglement progressif. Quand l’Église a dit que le bébé-éprouvette nous mettait sur une pente dangereuse, on lui a répondu qu’elle exagérait. On l’a fait il y a longtemps aussi au sujet de la contraception, envers laquelle l’Église émettait beaucoup de réserves alors qu’elle était censée résoudre tous les problèmes de couples… Et maintenant on voit que la domination de la femme par l’homme semble ne plus avoir de limite, comme en témoigne abondamment l’actualité.

homélie du 29e dimanche B, 17 octobre 2021

application Jésus, le Christ, est le grand prêtre qui a traversé les cieux pour nous, dit l’épître aux Hébreux. Il ne s’agit pas d’aventure spatiale, mais de l’aventure du salut de l’humanité. Cette petite phrase de l’Écriture nous dit que Jésus a redonné à notre monde l’accès à son auteur, à Dieu qu’il nous permet d’appeler notre Père. Jésus permet à un monde miné par le mensonge, l’esbroufe et la trahison, d’entrer en contact avec le Dieu de vérité, Celui qui est tout entier véridique et devant qui tout mensonge explose. Jésus permet à un monde guidé par l’intérêt personnel et qui ne craint pas l’utilisation de l’homme par l’homme, de rencontrer le Dieu d’amour, qui est tout entier don de lui-même et qui prend sur lui tout ce qui est fait au moindre des petits qui sont les siens.

homélie du 27e dimanche B, 3 octobre 2021

Racines Le mariage est la chose la plus naturelle, mais aussi la plus extraordinaire, qui soit. La grande majorité des fiancés que je rencontre sont vraiment de bonne volonté. Très peu peuvent compter sur une foi vivante pour enraciner leur union. Il n’y en a pas beaucoup qui ont entendu ou lu un passage d’évangile depuis moins d’un an. Mais tous veulent s’engager pour la vie. D’ailleurs, deux couples sur trois choisissent cet évangile que nous venons d’entendre. Pourtant, ils vivent dans une culture du divorce, tout comme celle où vivait Jésus. Et il leur faudra mener un combat spirituel pour mener à bien l’aventure de leur mariage.

homélie du 23e dimanche B, 5 septembre 2021

abbaye de Fontenay Les lectures d’aujourd’hui nous donnent l’occasion de réfléchir un peu sur la façon dont Dieu combat le mal. Isaïe parle d’une revanche de Dieu contre le mal, et sa revanche est notre revanche. D’abord, cette intervention de Dieu se situe dans un contexte où les gens s’affolent et pensent que Dieu les a abandonnés. Alors Dieu dit par son prophète : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu… » C’est une réaction spontanée et fréquente chez l’être humain confronté au mal : il pense qu’il est seul, que Dieu l’a oublié, ou même qu’il n’y a pas de Dieu. Alors il a peur et il prend des décisions motivées par la peur. Dans la famille, cela crée des divisions et du ressentiment. En politique, cela donne le pouvoir à des têtes brûlées. Pour chacun, cela renferme sur soi et empêche de communiquer et d’aimer.

homélie du 22e dimanche B, 29 août 2021

Basilique Saint-Paul-hors-les-murs, Rome, détail de la coupole Mettez la Parole en pratique », nous dit saint Jacques, cette Parole qui a été semée en nous et qui peut sauver nos âmes (Jc 1,17-18). Quelle est cette Parole, afin que nous la mettions en pratique ? Dans un raccourci simplificateur nous pourrions dire : la Parole de Dieu, c’est la Bible… J’ouvre ma Bible et je sais ce que je dois faire ! Pourtant, quand vous essayez, vous restez bien souvent dubitatif. Si vous tombez sur le Nouveau Testament, ça va encore, quoi que… mais que faire si vous lisez « si ton frère cherche en secret à te séduire en disant : “Allons servir d’autres dieux !”, tu devras le tuer : tu seras le premier à lever la main contre lui pour le mettre à mort … » (Dt 13,6ss) ? Pourquoi ne le faisons-nous plus ? La raison ne peut pas être que nous filtrons la Bible d’après ce qu’admet notre culture occidentale libérale. Si c’était le cas, jamais l’Évangile n’aurait pu façonner le monde. Il nous faut trouver un autre principe d’interprétation que l’opinion ou le politiquement correct.

homélie du 21e dimanche B, 22 août 2021

Marie qui guérit les couples Saint Paul compare le lien entre l’Église et le Christ au lien entre la femme et l’homme (Ép 5,21-32). Une fois que nous aurons dépassé une interprétation à la taliban, nous allons y trouver des indications précieuses pour comprendre la façon dont le Seigneur nous aime, et aussi pour enrichir nos relations homme/femme.

La façon dont le Christ aime l’Église, c’est qu’il s’est livré pour elle. Il s’est donné tout entier, il a institué l’eucharistie en disant : « ceci est mon corps livré pour vous », en précisant : « ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson ». Pour cela, nous venons d’entendre qu’il est prêt à perdre les disciples qui ne l’admettent pas. Le Christ est l’époux de l’Église dans le sens qu’il a pris l’initiative de l’alliance, qu’il a scellé cette alliance en donnant sa vie sur la croix et en se donnant à chaque eucharistie.

homélie de l’Assomption 2021

Rome, Sainte-Marie au Trastevere, abside Aujourd’hui nous sommes dimanche, jour de la résurrection du Christ d’entre les morts. Et nous contemplons en Marie la réussite de Dieu. il avait imaginé l’humanité comme partenaire de son amour, pour lui faire connaître le bonheur d’aimer. Il avait été interrompu dans son projet par l’ange qui en se rebellant deviendra le menteur, lucifer, l’adversaire, l’accusateur — voilà quelques noms qu’on lui donne. Mais Dieu n’avait pas abandonné son projet. Après un long temps où il se fait connaître à travers les moments du peuple hébreu — nous appelons cette révélation l’Ancien Testament —, il peut venir lui-même arracher au diable le pouvoir de la mort qu’il détenait sur nous. C’est Jésus, né de la Vierge Marie, qui fera exploser la mort en se laissant tuer par ceux qui le détestaient.

homélie du 19e dimanche B, 8 août 2021

Basilique Saint-Paul-hors-les-murs, Rome, détail de la coupole Comment aider ceux qui nous entourent ou ceux que nous rencontrons à entrer dans la foi ? Comment grandir nous-mêmes dans la connaissance de Jésus et l’attachement à sa personne ? Le dialogue du Seigneur avec les habitants de Capharnaüm peut nous éclairer. Jésus vient de dévoiler un peu de son identité : « moi, je suis le pain qui est descendu du ciel ». Mais les gens ne sont pas prêts à accueillir cela et ils refusent. Ils disent : tu es quelqu’un de bien, nous apprécions tes enseignements — ne sommes-nous pas là pour t’écouter ? —, mais nous connaissons bien aussi ton père et ta mère… sous-entendu : nous ne voulons pas te prendre pour plus qu’un homme.

De nos jours également, il y a de pareilles difficultés à accueillir Jésus pour qui il est. Nous les voyons autour de nous. Bien des gens cherchent l’un ou l’autre sage inspirateur de leur vision de la vie, de leur envie d’un monde meilleur, mais ils ne sont pas prêts à dire : Jésus est le Seigneur, le Fils de Dieu venu dans le monde, et je fais de lui le centre de ma vie. En nous également, il peut y avoir certains blocages par rapport à Jésus.

homélie du 16e dimanche B, 18 juillet 2021

Locronan Jésus, c’est lui le vrai berger. Il est le berger que le peuple d’Israël attendait. Il est le berger dont a besoin l’humanité déboussolée, l’humanité qui est soumise aux décisions de ceux qui cherchent surtout leur intérêt, celui de leur parti, de leur clan ou de leur multinationale. Jésus est le berger qui sait où il doit nous conduire et comment : il nous conduit vers le Père, il est le chemin, la vérité et la vie.

Voici le but : notre Père, la source de notre vie, de notre joie, lui notre espérance, lui que nous cherchons. Aller vers Lui, c’est vivre. L’aimer, c’est trouver le bonheur. Lui unir notre vie, c’est avancer dans la paix, c’est avancer vers la victoire finale, quand il aura achevé son œuvre en nous, quand son amour nous aura rendus éternels, unis à Lui pour toujours.

homélie du 15e dimanche B, 11 juillet 2021

à la conquête du Chimborazo Dieu a créé le monde, l’univers entier, par amour. Il veut que nous le sachions, il veut que nous soyons guidés vers lui, vers son cœur. Comment peut-il faire sans nous contraindre ? Comment peut-il faire pour que ce soit par amour que nous allions vers lui, et non par peur ou par opportunisme ? Il a choisi d’envoyer des prophètes, c’est-à-dire des hommes qui acceptent de le servir en disant la parole qu’il leur inspire. Des hommes qui agiront par la persuasion plutôt que par la force, ce qui est une méthode qui correspond à l’amour qu’ils sont chargés d’annoncer. Et si parfois ils annoncent des malheurs et des punitions de la part de Dieu, ce n’est pas sous forme de contrainte, mais d’avertissement. Avertissement que ce n’est pas sans frais que l’on ferme le robinet de la vie et de la vérité, que l’on se détourne de la justice pour choisir l’injustice et le profit aveugle, que l’on met de côté la raison pour se lancer dans la course aux plaisirs passagers.