homélie de la fête du Christ roi de l’univers, 20 novembre 2022

La Chartreuse, depuis la route de Voiron Tout en nous aspire au Royaume du Christ Roi, tant nous sommes fatigués des ténèbres du mensonge et de la trahison, de la domination et des abus, de l’impureté et de tant de choses qui réduisent l’être humain à un objet entre ses propres mains. Oh oui, comme nous désirons être arrachés « au pouvoir des ténèbres » dont parle saint Paul, afin d’hériter de la lumière du ciel, de la paix et de la joie pour lesquelles nous sommes faits !

homélie du 32e dimanche C

tombe de Paul Claudel Aujourd’hui une minorité de gens croient qu’il y a une résurrection des morts. Il paraît que cela fait 10% de la population et seulement 13% de ceux qui se disent catholiques. Nous venons d’une époque, maintenant assez lointaine, où la considération de la vie éternelle guidait les décisions même des plus grands de ce monde. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. À l’époque de Jésus nous constatons que les avis sont partagés. Une partie des Juifs se placent dans la ligne de ce que nous avons entendu dans la lecture du livre des Martyrs d’Israël : ces 7 fils qui ne craignent pas de rester fidèles à leur foi au péril de leur vie, affirmant que se préparer à la résurrection était plus important que chercher à sauver sa vie maintenant. D’autre part il y a ces sadducéens, des Juifs qui nient qu’il y a une résurrection des morts. Pour eux, c’est un bonheur terrestre que Dieu donne, et puis c’est tout.

homélie du 31e dimanche C, 30 octobre 2022

Passage Aujourd’hui on n’ose plus parler de péché, car on estime qu’on condamnerait l’autre en parlant ainsi. Il y a là un anéantissement du chemin de la conversion, qui enferme dans le découragement et la tristesse. Mais Dieu n’agit pas ainsi. Ceux qui tombent dans le péché, il veut les relever, les remettre en route, pour qu’ils puissent librement se détourner du mal et s’attacher à Lui, croire en Lui. Il espère en chaque homme, non pas en raison du bien que nous faisons déjà, comme si nous pouvions nous regarder nous-mêmes et dire « je comprends, mon Dieu, que tu espères en moi ». Il espère en chaque homme en raison du bien qu’il peut accomplir en nous. Il paraît que 86% des occidentaux pensent qu’ils iront au paradis. Parmi eux il y en a sûrement un fameux paquet qui se voient entrer au paradis non pas parce qu’ils espèrent en Dieu, mais parce qu’ils s’estiment dans la bonne moyenne. Il y a tant de gens qui sont satisfaits d’eux-mêmes devant Dieu, qui ne vont jamais se confesser, qui disent par leur vie : Dieu ferait bien d’être déjà content de tout ce que je fais. À moins qu’ils se disent plutôt : personne ne sait rien de Dieu, alors je ne peux même pas me préparer pour Dieu, à quoi bon me soucier de ces choses, on verra bien… Oubliant ainsi, parfois à cause des errements des pasteurs de l’Église, le trésor de la Révélation que Dieu a déposé dans le cœur de son Église.

homélie du 29e dimanche C, 16 octobre 2022

Via Appia Aujourd’hui, nous voilà invités à prier sans se décourager. C’est le dimanche de la persévérance ; garder le cap coûte que coûte, parce que nous avons un jour pressenti que la lumière était dans la direction de Dieu, même si pour le moment nous ne le voyons plus. Il s’agit de revêtir une douce obstination en faveur de Dieu.

homélie du 28e dimanche C, 9 octobre 2022

lumière sur les Alpes Qu’est-ce que la foi ? Cette foi qui déracine les arbres, qui déplace les montagnes… Cette foi de ce samaritain dont Jésus dit qu’elle l’a sauvé, alors que les 9 autres ont seulement été guéris ?(Lc 17, 11-19) À première vue, pour nous les dix lépreux avaient la foi puisqu’ils sont venus demander à Jésus de prendre pitié d’eux, c’est-à-dire de les guérir de leur maladie. Ils croyaient que Jésus peut leur rendre la santé. C’est ce genre de foi qui consiste à croire que… Croire que Dieu peut faire ceci ou cela pour moi. Et ça marche ! Mais méfions-nous, ce n’est pas encore la foi qui sauve. Un seul s’entend dire : « relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ». Nous sommes si terrestres que pour nous, « ta foi t’a sauvé » s’appliquerait à tous ceux qui ont miraculeusement été guéris de cette maladie incurable. Mais non, c’est un seul qui s’entend dire que sa foi l’a sauvé. Quelle est cette foi qui l’a sauvé ? Comment se manifeste-t-elle ? À quoi conduit-elle ? Pourrions-nous l’imiter ?

homélie du 25e dimanche C, 18 septembre 2022

reflet Nous sommes déroutés par cette parabole et ces réflexions de Jésus sur l’argent. À première vue, nous nous étions attendus à ce que le Seigneur nous invite à être bien honnêtes, à être le plus juste possible avec l’argent. Est-ce qu’il nous aurait par exemple dit qu’aller faire le plein en France en étant subsidié par les impôts payés par les Français, en tant que Belge ce n’était pas très équitable ? Peut-être… J’y pense parce que j’ai été tenté de le faire… Mais son propos est assez décalé par rapport à la question de l’équité. Un jour il avait renvoyé bredouille un homme qui venait lui demander son aide pour un juste partage d’héritage (Lc 12,13). Aujourd’hui, l’adjectif qu’il accole au mot « argent » c’est « malhonnête », ou « injuste », ou « méchant » — adikos. Et en fait, ce qui a été traduit par « argent », Jésus l’appelle « Mamon », et cela sonne comme un nom de divinité : l’argent fonctionne dans le cœur de l’homme comme une divinité à laquelle on se confie pour son avenir et pour sa vie. Alors il est toujours malhonnête, méchant, car il prend la place de Dieu et il prend la place du frère.

homélie du 24e dimanche C, 11 septembre 2022

La Chartreuse, depuis la route de Voiron En entendant la lecture de l’Exode (Ex 32), nous avons pu être choqués par cette façon de présenter un Dieu qui décrète des punitions et menace de les exécuter… personne ne voudrait d’un père pareil. Pour un peu, nous donnerions raison à Voltaire quand il dit : « si Dieu a créé l’homme a son image, nous le lui avons bien rendu. » C’est au point que certains dès l’Antiquité ont imaginé qu’il y avait 2 dieux, un dieu dur dans l’Ancien Testament et un Dieu bon dans le Nouveau. Ça ne marche pas fort, car on lit aussi dans l’AT des choses comme « Dieu de tendresse et de pitié » (dans le même livre, Ex 34,6). Donc il faut essayer de comprendre autrement, pas parce que telle ou telle phrase nous gêne mais parce que nous cherchons un visage cohérent de Dieu.

homélie du 22e dimanche C, 28 août 2022

éclipse de mars 2015 Jésus a observé l’attitude des gens qu’il côtoyait. Il a observé aussi les disciples. Lui qui est parfaitement humble, il a perçu combien l’amour propre guidait ceux qui l’entouraient, et il a prévu que cet amour propre causerait encore bien des peines et des désastres dans les communautés de ses disciples dans les siècles qui suivraient. Une belle estime de soi peut nous préserver des ravages de l’amour propre. Je dirais volontiers : « l’estime de soi, oui, l’amour propre, non ! » Pensons au psaume : « Seigneur, je te rends grâce pour la merveille que je suis » (Ps 138). Cela permet d’encaisser les blessures d’amour propre, de rester bienveillant envers ceux qui nous ont manqué de considération ou de respect.

homélie du 21e dimanche C, 21 août 2022

Seyssel Un homme vient demander à Jésus : Est-ce qu’il n’y aura que peu de gens qui seront sauvés ? Il y a 4 siècles, un courant spirituel appelé jansénisme avait répondu : oui, il y en aura peu. Sur les crucifix jansénistes, le Christ avait les bras très serrés sur le dessus de la tête, car il ne servait à rien qu’il ait les bras grand ouverts pour accueillir le peu de ceux qui seraient sauvés de la grande masse des réprouvés. De nos jours, à l’inverse, nous avons été endormis par une théologie à la Michel Polnareff, « on ira tous au paradis », une vision qui semble très positive, mais qui en réalité fait du paradis un enfer. Car de deux choses l’une. Ou bien le paradis consiste à vivre comme nous l’entendons, et alors vivre ainsi toute une éternité tournera au calvaire. Quand on peut vivre comme on veut pendant une semaine ou quinze jours, ça va, mais après commence l’ennui et le désir de fuir cette situation. Ce n’est pas pour rien que les jeunes retraités traversent une crise, alors qu’ils ont tant désiré ce moment où ils ne seraient plus contraints de rien. Quand je parle aux gens de l’éternité, beaucoup me disent craindre que ça risque d’être long. Ils ont raison : un paradis éternel où on vit comme on veut, ça sera un enfer. L’autre possibilité est que le paradis soit comme le dit la foi chrétienne : une vie d’amour, une contemplation de Dieu, l’auteur de tout bien et de toute beauté, lui qui est infiniment désirable, lui dont on ne se rassasiera jamais de goûter le visage, lui à qui l’éternité convient si bien car si on venait nous dire : « bientôt c’est fini », nous mourrions une deuxième fois d’être privés d’un si grand bien. Ce paradis a le bon contenu, mais si on est tous forcés d’y entrer, si on y va tous d’office, alors nous nous trouvons en présence d’un Dieu qui obligerait à l’aimer. Et ça, à nouveau, c’est l’enfer, car un amour obligé n’est plus de l’amour. Donc, c’est impossible de dire qu’on ira tous au paradis, et d’ailleurs on ne trouve cela nulle part dans l’Écriture.

homélie du 14 août 2022, 20e dimanche C

Quito, couvent San Francisco Quel contentement nous pouvons avoir d’entendre dire par Jésus que le Royaume de Dieu qu’il est venu inaugurer sur la Terre est comme un feu d’amour qu’il allume — enfin, vu les conditions météorologiques, nous préférerons penser à une pluie d’amour sur toute l’humanité —, un grand élan d’amour initié par le Seigneur dans le cœur de tous les croyants et par contagion dans le cœur de tous les hommes ! Quand beaucoup pensent au christianisme comme quelque chose d’étroit ou de dépassé, nous laissons notre Seigneur nous faire désirer ce feu d’amour que nourrit la foi chrétienne.

homélie du 16e dimanche C, 17 juillet 2022

baptême Ces jours-ci je regardais une vidéo comme on en trouve plein sur youtube, qui expliquait comment surmonter la souffrance. C’était très spirituel, mais c’était une technique mentale à appliquer tout seul sur soi. Il fallait s’entraîner à regarder sa vie ainsi et ainsi. C’était très noble, mais c’était vraiment tout seul. Or la foi chrétienne ne dit pas que nous sommes seuls dans ce vaste monde qui parfois nous inquiète car nous y souffrons. Nous ne sommes pas seuls devant les forces obscures de l’univers. Nous ne sommes pas non plus livrés à des énergies ou des entités qui sont souvent des esprits démoniaques, comme on en rencontre dans le reiki si on pratique cela un certain temps. Non, nous ne sommes pas abandonnés à tout cela, car il y a un Dieu, le Seigneur de l’Univers, et ce Dieu vient vers nous, il se soucie de nos soucis et il cherche à nous rencontrer.