homélie de la fête du baptême du Seigneur, 11 janvier 2026
Une idée constante parcourt tous les textes de l’Écriture lus aujourd’hui : un homme nous est donné sur qui repose l’Esprit de Dieu. Nous ne sommes pas privés de repères, condamnés à tâtonner dans la vie, à risquer la déception et le vide. Un accès est possible au cœur et à la vie du Créateur de tout l’univers. Notre vie peut entrer en contact avec la vie divine. Quelle consolation dans un monde incertain, et aussi dans les doutes de notre vie ! Je peux aller vers celui qui a l’Esprit de Dieu, et il me guidera. Mais qui est-il ?
Dans Isaïe, ce serviteur était encore enfermé dans les limites d’une époque et d’une région : la Terre sainte du 6e siècle avant Jésus-Christ. Il pouvait donner de bonnes choses, assurer un bon gouvernement, être juste et généreux, mais il ne pouvait faire cela que comme un homme, un homme inspiré. Mais avec Jésus s’ouvre une autre dimension : Celui sur qui repose l’Esprit est non seulement le « serviteur » mais le « Fils bien-aimé » en qui le Père « trouve sa joie ». Jésus n’est pas seulement un nouvel inspiré, il est Dieu en personne, et l’aimer ce n’est pas seulement s’attacher à quelqu’un de bien — ça serait déjà pas mal —, mais brancher son cœur sur Celui qui est la vie et qui donne la vie éternelle, la vie invincible que rien ne peut menacer.
Au milieu des questions de ma vie ou des inquiétudes sur le monde je peux aller à Jésus le Fils de Dieu, entrer en relation avec lui. Il ne s’agit pas de prendre rendez-vous, d’acheter un billet d’avion pour se rendre là où il réside. Depuis qu’il a donné sa vie sur la croix et qu’il est ressuscité et monté aux Cieux, le Christ est accessible là où vit l’Église. Les sacrements me sont donnés pour cette rencontre, ils me donnent vraiment accès au Christ, ils me donnent le Christ. C’est important de se rendre compte de cela : dans ce sacrement de l’eucharistie, dans tous les sacrements, nous venons chercher le Christ, nous venons passer du temps avec lui, pour qu’il nous enseigne par sa Parole et qu’il nous nourrisse par sa vie divine. Dans le baptême, le Christ me donne la vie qu’il a reçue du Père, et je deviens fille, fils de Dieu par adoption. Dans la confirmation, l’Esprit qui reposait sur le Christ repose sur moi. Dans l’eucharistie, le Christ refait pour nous et avec nous ce don total de lui-même qu’il a fait avec ses apôtres à la dernière Cène et sur la croix. Dans la confession, le Christ me pardonne mes péchés comme il le faisait pour les pécheurs qu’il rencontrait sur sa route. Dans l’onction des malades, le Christ me guérit et me purifie. Dans le mariage, le Christ donne aux époux de s’unir pour toute leur vie à l’image de son engagement d’amour envers son Église. Et dans le sacrement de l’ordre, le Christ rend capable de le représenter et de le donner sacramentellement.
Vraiment, par les sacrements nous sommes avec Celui qui a reçu l’Esprit de Dieu et qui nous le donne. Nous sommes branchés sur la vie divine. Notre identité de fille, de fils de Dieu est nourrie et se développe. Et dans la prière personnelle ou en groupe se prolonge et se renforce ce que nous avons reçu du Fils de Dieu, jadis dans le baptême, aujourd’hui dans l’eucharistie et les autres sacrements. Nous ne sommes plus seuls, nous ne sommes plus désorientés, mais Dieu est avec nous.
Aujourd’hui se termine le temps de Noël. Certains garderont la crèche jusqu’à la fête de la Présentation, le 2 février, tandis que d’autres la rangeront déjà. En rangeant les affaires de Noël, faisons cette petite prière : Seigneur, tu t’es approché de moi en ce temps de Noël, et tu veux continuer à me rencontrer, à me donner ta vie. Ouvre-mon cœur à ta présence jour après jour ! Je t’aime !

