homélie du 5e dimanche A, 8 février 2026

Petit à petit, en progressant dans la foi, nous découvrons la présence de Dieu dans notre vie et elle nous réjouit. Aujourd’hui l’Évangile nous apprend que cette joie de la foi peut devenir une lumière qui se répand autour de nous.

Parfois, quand quelqu’un qui n’était pas pratiquant annonce dans sa famille qu’il va maintenant à la messe, qu’il prie, qu’il lit la Bible, ses proches commencent par être inquiets. Il y a beaucoup de sectes ou de mouvements sectaires, beaucoup de gens pas très équilibrés qui cherchent à en embobiner d’autres. Alors, ce qui fait comprendre que celui qui se convertit à la foi chrétienne et commence à venir à l’Église n’est pas entré dans une secte, c’est que sa vie change en faisant du bien aux autres. Bien sûr, il y a des choses auxquelles il renonce, car il a compris que Dieu n’aimait pas cela ; et cela peut surprendre ou interpeller son entourage. Mais sa vie, bien que parfois dérangeante, fait du bien.

Je pense notamment à ce témoignage. Nous pouvons donc prier ainsi : Seigneur, continue de me faire du bien et que ce bien coule sur ceux qui sont autour de moi, les surprenne et les éclaire !

Alors, dit Jésus, le chrétien devient comme le sel de la Terre ou la lumière du monde. Et c’est très bienvenu. Le monde a tant besoin de lumière. En réalité, c’est le Christ qui est la lumière du monde. Lui seul possède la lumière de la vie. C’est lui le Sauveur que les ténèbres n’ont pas arrêté malgré leurs hurlements (Jn 1,5). Et voilà qu’il nous fait participer au rayonnement de son être. Comme s’il nous disait : la lumière que Je suis, maintenant vous l’êtes. Quelle fierté !

Quelle responsabilité aussi ! Car Isaïe montre qu’il peut en être tout autrement. Et nous avons l’exemple de chrétiens dont l’attitude nous désole. Des chrétiens qui brandissent le doigt accusateur, qui disent du mal, qui se détournent des besoins du malheureux, qui ne pensent qu’à la poursuite de leurs affaires. Cela ne répand que déception et découragement. La source de l’espérance est bouchée pour les hommes lorsque nous agissons ainsi. Et notre propre cœur est triste, fâché, mécontent, aigri. Isaïe donnait déjà le remède que rappellera le Christ : partage !, encourage !, renonce à ce que tu désires au profit de celui qui a faim !, intéresse-toi aux désirs du malheureux ! Comme elle est bonne, cette révolution copernicienne de nos attitudes spontanées ! Comme il est doux de se laisser évangéliser ainsi ! Et comme cela fera du bien !

Ce n’est pas facile à comprendre. C’est tellement contraire aux raisonnements du monde, qui ne parlent que de profiter ou de se protéger, quitte à nous enfermer dans l’insatisfaction ou la peur. Saint Paul dit que sa prédication ne pouvait pas s’appuyer sur une sagesse qui peut convaincre, mais sur la puissance de l’Esprit Saint. Si nous voulons comprendre que le vrai bonheur ne s’atteint qu’en donnant joyeusement sa vie, c’est l’Esprit seul qui pourra nous le dévoiler. Tandis que notre cœur se trouble quand il demande : qu’est-ce qui restera pour moi ?, il se réjouit en se demandant : qu’est-ce que je pourrai donner. C’est le chemin du Messie crucifié que Paul annonce : Jésus qui donne la vie en se donnant lui-même ; et nous qui devenons lumière et vie en l’accueillant sans filtre.