homélie du 6e dimanche de Pâques, 10 mai 2026
L’Écriture aujourd’hui nous encourage à aller de l’avant quel que soit ce qui pourrait nous inquiéter :
- Philippe, suite à la violente persécution qui s’abat sur l’Église de Jérusalem, part vers le nord et annonce en Samarie que Jésus est le Seigneur. L’épreuve de la communauté de Jérusalem la rend missionnaire plutôt que repliée sur elle-même. C’est aussi les débuts du sacrement de confirmation.
- Saint Pierre invite à rendre compte de notre foi envers les autres, non pas avec dureté ou remplis de nous-mêmes, mais « avec douceur et respect ». Ce qui ne veut pas dire avec timidité. Que l’Esprit Saint nous rende audacieux ! Et même si nous devons en souffrir, c’est une occasion d’être plus proche du Christ, le Seigneur de vie.
- Jésus prépare ses disciples à la vie d’après la passion et la résurrection : la vie dans l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité, le Défenseur (Paraclet), qui permet d’expérimenter le fait que Jésus est vivant, qu’il est avec nous. Qui offre plus encore une intimité spéciale : « vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » C’est cela, le chrétien, quelqu’un qui ose croire et qui recherche cette intimité avec Dieu. Quelqu’un qui choisit de vivre sans arrêt comme un enfant bien-aimé de Dieu. Quelqu’un qui apprend à aimer la volonté de Dieu, même quand elle contredit ses aspirations premières, parce qu’il veut vivre en enfant de Dieu tout uni à lui.
Tout cela, l’exemple de la communauté de Jérusalem, l’audace de témoigner du Christ, l’intimité offerte avec Dieu doit nous permettre d’affronter toutes les difficultés et toutes les incertitudes.
En matière d’incertitude, je dois vous partager une nouvelle qui me serre le cœur, mais où je vois quand même le Seigneur : notre évêque m’a demandé de changer de mission et m’appelle à devenir doyen de Tournai. Je devrai donc vous quitter fin août en vous confiant à un autre berger. Je n’ai pas encore de nouvelles sur qui me succédera, mais cela fait des semaines que je prie pour qu’il ait à cœur de poursuivre l’élan missionnaire que nous avons commencé à vivre. Et, rassurez-vous, vous gardez l’abbé Pascal et l’abbé José.
Cela sera un gros changement pour les unités pastorales. Je suis très ému et reconnaissant pour tout ce que nous avons pu vivre ensemble. Quand je suis arrivé il y a 8 ans, un grand élan m’habitait : faire connaître à un maximum de gens l’amour de notre Père. Nous avons mis sur pied plusieurs initiatives pour aider à mieux vivre l’Évangile. Certaines n’ont pas duré, d’autres ont déjà porté de nombreux fruits. Vous êtes nombreux à avoir recherché l’amour du Père avec passion, tandis que d’autres sont restés prudemment dans leurs habitudes. On reçoit de Dieu tout autant qu’on en attend, comme je vous le dis souvent.
Maintenant je sais que le cœur de Dieu ne nous décevra jamais. Auprès de lui vous trouverez la joie et l’enthousiasme pour continuer à avancer. J’espère qu’après ces 8 années vous comprenez plus clairement que Dieu est vivant, qu’il veut habiter notre cœur et nous faire ainsi changer le monde autour de nous. Depuis 2 000 ans son Église nous donne accès à lui et nous aide à nous offrir nous-mêmes dans un don qui le touche. Chers amis de Dieu, bonne route avec l’Esprit Saint posé sur vous !

